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Marcellin Desboutin (1823 - 1902)

Pour évoquer Marcellin Desboutin, il faudrait avant tout évoquer l'histoire de Montmartre. C'est en effet dans ce quartier de Paris, célèbre dans le monde entier, que Desboutin « Prince des bohèmes », selon l’expression de Manet, et graveur de grand talent, connut ses années de gloire

Né le 26 août 1823 à Cérilly (Allier), Desboutin y vécut toute sa jeunesse, parcourant longuement l'immense forêt de Tronçais toute proche dont le souvenir allait le hanter sa vie entière.

Après de brillantes études au petit séminaire de Moulins-Yzeure d'abord, au collège Stanislas de Paris ensuite (licence en Droit), Desboutin se découvre curieusement une vocation artistique. Ses reproductions à l’encre de Chine de dessins, paraissant dans « L'illustration », sont des merveilles et très vite il est remarqué par le sculpteur ETEX, décorateur de l’Arc de Triomphe, et surtout par Thomas COUTURE.

Malheureusement les événements de 1848 dérangent quelque peu ses convictions. Desboutin quitte alors Paris et entreprend de voyager. Le voici qui s'installe un temps à Cosne d’Allier où demeure sa mère, puis à Issoire où il se marie. A cette époque, Desboutin est intrépide et le métier de chanteur des rues constitue sa principale activité. Mais l’envie de voyager le reprend et il part s’établir en Angleterre, puis en Belgique, avant de séjourner plus longuement en Hollande. Lors de ce séjour, Desboutin cherche à percer le secret des génies hollandais, principalement celui de REMBRANDT qui va devenir l'un de ses maîtres.

Laissant libre cours à son besoin de découvertes, Desboutin reprend la route. Cap sur le sud cette fois-ci et le voici qui arrive à Florence en 1854. Dans cette ville qui, depuis Laurent le Magnifique, n’existe que pour l’art, Desboutin se sent immédiatement à l’aise et décide de s’y installer. Pour cela il vend toutes ses propriétés familiales situées en Bourbonnais et s'offre le Palais de l’Ombrellino. Dans cette résidence somptueuse où vécurent avant lui, Boccace et Galilée, Desboutin va rester 17 ans. 17 ans de vie facile, de réceptions, d’hospitalité fastueuse mais aussi de travail acharné. C'est à l’Ombrellino que Desboutin entreprend ses premières gravures et qu'il compose aussi ses drames dont l'un d'eux «  Maurice de Saxe » sera joué à la Comédie Française. Après 17 années de vie luxueuse, en raison des événements politiques qui secouent l'Italie à ce moment-là (1870), Desboutin se trouve ruiné. Il quitte l’Italie, séjourne un temps à Genève, puis vient s’installer à Montmartre. Ce n’est pas le seigneur de L’Ombrellino qui arrive sur la butte. C'est un vagabond traînant sa démarche nonchalante, ne craignant pas de paraître coiffé d'un large feutre cabossé, vêtu d'une longue houppelande, chaussé de bottes éculées, la pipe aux dents, la barbe dense. Il habite une sorte de baraquement où le principal meuble est un escabeau. Pourtant Desboutin séduit par sa facilité avec laquelle il se détache des embarras du monde et le désespoir ne l’atteint nullement. MANET qui le découvre est frappé par le contraste qui existe entre le vagabond qu'il côtoie et le riche propriétaire de L’Ombrellino dont il avait entendu parler. Il déclare « c’est le type le plus extraordinaire de Montmartre » et introduit Desboutin au  célèbre café Guerbois puis à la Nouvelle-Athènes, hauts lieux où se retrouvent chaque soir les plus grands noms du moment : Degas, Zola, Fantin-Latour, Mallamé etc…. Desboutin aime fréquenter les cafés « pour se reposer des fatigues de l’atelier » et c'est lui que Degas choisit pour modèle de son célèbre tableau « l’Absinthe ».

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